Comparaison des investissements ferroviaires et routiers

Les infrastructures de transport du territoire font l’objet d’investissements publics importants, qu’il s’agisse du réseau ferroviaire ou du réseau routier.

Sur le secteur de Sézanne, la RN4, axe structurant reliant la région parisienne à l’est de la France, a récemment fait l’objet de travaux de rénovation.

La régénération d’une section d’environ 13 kilomètres de chaussée entre Sézanne et Connantre a mobilisé près de 55 000 tonnes d’enrobés et représenté un investissement d’environ 6 millions d’euros.

Ce chantier visait principalement le renouvellement de la couche de roulement, l’amélioration de la sécurité et le maintien des conditions de circulation sur cet axe très fréquenté.

Les données de trafic indiquent que cette section de la RN4 supporte environ 8 500 véhicules par jour, dont près de 46 % de poids lourds.

Cette proportion particulièrement élevée confirme le rôle logistique majeur de cet axe dans l’acheminement des marchandises entre la région parisienne, la Champagne et l’est de la France.

Ordre de grandeur d’une rénovation ferroviaire

À titre de comparaison, le renouvellement complet d’une voie ferrée — opération appelée renouvellement voie-ballast (RVB) — consiste à remplacer les rails, les traverses et le ballast.

Pour une ligne secondaire ou capillaire fret, le coût moyen d’une telle opération est généralement estimé entre 1 et 1,5 million d’euros par kilomètre.

Toutefois, ces deux types d’investissements ne produisent pas les mêmes effets dans la durée.

Un renouvellement voie-ballast permet généralement de garantir plusieurs décennies d’exploitation, souvent de l’ordre de quarante ans, sous réserve d’un entretien régulier.

À l’inverse, les infrastructures routières supportant un trafic important de poids lourds nécessitent des interventions plus fréquentes afin de maintenir leurs conditions d’exploitation.

Dans un territoire où près de la moitié du trafic de la RN4 est constitué de poids lourds, la question de la répartition des flux logistiques entre la route et le rail peut donc légitimement être posée.

Le transport ferroviaire de céréales permet en effet de regrouper l’équivalent de 50 à 60 camions dans un seul train, ce qui peut contribuer à limiter la pression exercée sur les infrastructures routières.

Ces éléments illustrent les arbitrages auxquels sont confrontées les politiques publiques d’aménagement du territoire.